Projection / Discussion : Le F.H.A.R.

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Affiche

À l’invitation du Groupe libertaire d’Ivry,
Projection / Discussion : Le Front homosexuel d’action révolutionnaire

Dimanche 18 février 2024 à partir de 16 h 30
Entrée libre (accueil dès 15 h)
Librairie du Monde Libertaire (Publico), 145 rue Amelot, Paris 11
M° République / Oberkampf / Filles du Calvaire

Le F.H.A.R. (Carole Roussopoulos, 1971) documente la première manifestation de rue gay et lesbienne en France. S’inscrivant dans la contestation des années 1968, le F.H.A.R. marqua une nouvelle direction pour le militantisme homosexuel en France, en rupture avec les groupes moins virulents, voire conservateurs, prônant la discrétion et la « respectabilité ».

La manifestation du F.H.A.R. se déroule à l’intérieur de la manifestation syndicale du premier mai et dénonce les discriminations homophobes, scandant des slogans tels que : « Les pédés dans la rue », « Nous sommes tous un fléau social », « À bas les phallocrates ! » La caméra suit les manifestants, cadre les badauds, qui découvrent avec curiosité et étonnement le premier cortège de gays et lesbiennes défilant ouvertement.

Le film rapporte les interventions des militant‑es du F.H.A.R. à l’université de Vincennes. Quelques années avant la dépénalisation de l’homosexualité en France, dans cette réunion aux publics pluriels, tenue en mai – juin 1971, nous assistons à l’effervescence des débuts de ce mouvement qui apportera une visibilité importante aux luttes homosexuelles radicales. Bien que la parole circule davantage entre les hommes — ce qui amènera les femmes à quitter le groupe par la suite —, Carole Roussopoulos saisit, dans le brouhaha des discussions, le monologue d’une militante critiquant les oppressions d’une société hétéro‐normative et bourgeoise.

Dans son Rapport contre la normalité (publié en 1971), le F.H.A.R. invite à « arrêter de raser les murs ». Tribunes, témoignages, dessins y disent la rage contre la société, qui fait de l’homosexualité un « fléau social », contre les « docteurs en saloperies, psychiatres flics, psychanalystes racistes et autres chiens de garde », sans oublier la gauche (communiste, trotskiste, maoïste, etc.) et les militants « qui se croient normaux » et qui empêchent les homosexueles de s’exprimer : ceux qui (dans le meilleur des cas) font des luttes de libération homosexuelle une lutte secondaire par rapport à la lutte des classes, ou (au pire) cassent la gueule des homosexuels de leurs groupes ; avant de conclure : Quant à ceux qui continuent de prétendre parler et décider au nom et à la place de la classe ouvrière, qu’ils crèvent !

La projection (26 minutes) sera suivie d’une discussion : Cinquante ans plus tard, entre avancées légales et homophobie ordinaire, que reste‐t‐il du militantisme homosexuel ?

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