Malatesta : les anarchistes et les mouvements ouvriers. 3

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Pour passer de la société actuelle à la société égalitaire, les syndicats peuvent et doivent jouer un rôle extrêmement utile et peut-être nécessaire. J'en suis convaincu et c'est bien pourquoi je voudrais qu'on les juge à leur juste valeur et qu'on garde toujours présente à l'esprit cette tendance naturelle qui est la leur à devenir des corporations fermées tendant seulement à défendre les intérêts catégoriels égoïstes ou, pire encore, ceux des seuls syndiqués. Et ceci, afin de mieux pouvoir combattre cette tendance et empêcher que les syndicats ne deviennent des organes de conservation. Il en va de même avec les coopératives. Je reconnais qu'elles peuvent être d'une extrême utilité : elles habituent les ouvriers à gérer leurs propres affaires et leur propre travail ; ce sont, au début de la révolution, des organes qui fonctionnent et sont tout prêts pour organiser la distribution des produits et servir de centres d'attraction autour desquels pourra se réunir la masse de la population. Et c'est bien pourquoi je lutte contre cet esprit de boutique qui tend naturellement à s'y développer : je voudrais qu'elles soient ouvertes à tous, qu'elles ne donnent aucun privilège à leurs membres et, surtout, qu'elles ne deviennent pas, comme c'est souvent le cas, de véritables sociétés anonymes capitalistes qui emploient et exploitent des salariés et spéculent sur les besoins du public.

Personnellement, je pense que tels qu'ils sont en régime capitaliste, les coopératives et les syndicats ne mènent pas naturellement, de leur propre force intrinsèque, à l'émancipation de l'homme (c'est sur ce point que porte la controverse). Je pense qu'ils peuvent produire le mal comme le bien, qu'ils peuvent être, aujourd'hui, des organes de conservation sociale comme de transformation sociale et servir, demain, la réaction comme la révolution ; selon qu'ils se limitent à leur rôle propre qui est de défendre les intérêts actuels de leurs membres, ou qu'ils sont animés et travaillés par l'esprit anarchiste qui leur fait oublier les intérêts au profit des idéaux. Et par esprit anarchiste, j'entends ce sentiment hautement humain qui aspire au bien de tous, à la liberté et à la justice pour tous, à la solidarité et à l'amour entre tous ; sentiment qui n'est pas le privilège exclusif des seuls anarchistes proprement dits mais qui anime tous les hommes qui ont du coeur et une intelligence ouverte.

Umanità Nova, 13 avril 1922

Errico Malatesta. Écrits choisis

Malatesta : les anarchistes et les mouvements ouvriers. 2

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La tâche des anarchistes est de travailler à renforcer les consciences révolutionnaires des organisés et à rester dans les syndicats, toujours en tant qu'anarchistes.

Il est vrai que, dans bien des cas, les syndicats sont contraints de transiger et de faire des compromis, pour des raisons d'ordre immédiat. Je ne le leur reproche pas ; mais c'est précisément pour cette raison qu'il me faut bien reconnaître que l'essence des syndicats est d'être réformistes.

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La morale anarchiste

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Nous voilà enfin au bout de notre étude.

Il y a des époques, avons-nous dit, où la conception morale change tout à fait. On s’aperçoit que ce que l’on avait considéré comme moral est de la plus profonde immoralité. Ici, c’était une coutume, une tradition vénérée, mais immorale dans le fond. Là, on ne trouve qu’une morale faite à l’avantage d’une seule classe. On les jette par-dessus bord, et l’on s’écrit : À bas la morale ! On se fait un devoir de faire des actes immoraux.

Saluons ces époques. Ce sont des époques de critique. Elles sont le signe le plus sûr qu’il se fait un grand travail de pensée dans la société. C’est l’élaboration d’une morale supérieure.

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Malatesta : les anarchistes et les mouvements ouvriers. 1

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Aujourd'hui, c'est le mouvement ouvrier (mouvement syndical) qui est la plus grande force de transformation sociale, et de son orientation dépendent en grande partie le cours que prendront les événements et le but auquel arrivera la prochaine révolution. Par le biais de leurs organisations fondées pour défendre leurs intérêts, les travailleurs acquièrent la conscience de l'oppression qui est la leur et de l'antagonisme qui les oppose à leurs patrons ; ils en viennent à aspirer à une vie supérieure, ils s'habituent à la lutte collective et à la solidarité, et ils peuvent arriver à conquérir les améliorations qui sont compatibles avec la persistance du régime capitaliste et étatique. Puis, quand le conflit devient irrémédiable, c'est la révolution ou la réaction.

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